SOMMAIRE

Chapitre I: Tout a commencé le...

Chapitre II: La pédiatrie et la réanimation néonatale

Chapitre III: En Somalie

Chapitre IV: Le retour

Chapitre V: En Afghanistan

Chapitre VI: Une année sabbatique

Chapitre VII: Les grands prématurés

Chapitre VIII: Un projet professionnel non institutionnel

Chapitre IX: Un an d'apnée

Chapitre X: L'école des cadres, le deuil des deuils

Chapitre XI: Je ne suis pas une monitrice, je suis un formateur

Chapitre XII: L'hypothèse de la réparation

Annexe I: Rapport de mission de Kadjao

Annexe II: Quelques histoires de formation

Annexe III: La Java du Djuba

CONSTRUCTION

J'ai commencé cet écrit fin 1996.

L'objectif initial était de valider une U.F. de psychologie lors d'une Maîtrise de Sciences et Techniques de Gestion et Animation des Sytèmes de Formation à l'Université Paris - Dauphine. Le travail demandé consistait à répondre à une triple question:

Pourquoi suis-je devenu infirmier?

Pourquoi suis-je devenu formateur en soins?

Pourquoi ai-je quitté les soins pour devenir formateur? (Question beaucoup plus subtile au demeurant)

La forme était totalement libre. Je me suis pris à l'exercice et j'ai produit un peu plus de 240 pages. Le sommaire justifiait de 11 chapitres. Le 11ème "Je ne suis pas une monitrice, je suis un formateur" se composait seulement de quelques pages. Tous les chapitres comprenaient un mélange de vie professionnelle et de vie personnelle. Les liens avec la formation étaient évoqués au fur et à mesure qu'ils se présentaient.

Afin de corriger des tournures de phrases, des fautes d'orthographes ou de syntaxe, et que l'on me signale les éventuels passages incompréhensibles pour le lecteur, j'ai soumis ce texte à quelques personnes, amies et/ou infirmières très proches. En plus des corrections, j'ai reçu beaucoup de renforcements positifs, mais c'était -aussi- assez normal, puisque c'était des personnes très proches!

A peine terminé, je l'ai fait lire à une étudiante en soins infirmiers en qui j'avais une grande confiance. Elle a trouvé le manuscrit très intéressant et m'a signalé qu'elle avait partagé quelques passages limités avec d'autres qui pensaient comme elle. Je ne suis pas allé plus loin.

En juin 1998, j'ai validé l'U.F. de psychologie et les trois ou quatre lignes de commentaires ne m'ont en rien éclairé. L'évaluatrice se plaignait plutôt de l'énorme travail de lecture qu'elle avait du accomplir... ce qui ne m'a pas étonné outre mesure.

Dès cette époque, j'aurais aimé publier ce travail, mais il était sans doute, bien que contenant l'essentiel de ce que j'avais à dire, trop diffus, trop amalgamé en tous sens, et c'est seulement aujourd'hui que je peux le comprendre. Pour moi à l'époque, il était clair. J'avais écrit ce que j'avais vécu.

Courant 1999, je me suis offert l'audace de demander l'avis de la Directrice du Service des Soins de l'hôpital où j'exerçais. La réponse en substance fut: C'est très intéressant, mais si vous voulez en faire un texte à visée professionnelle, il vous faudra retirer ce qui est très ou trop personnel. C'était le premier vrai conseil que l'on me donnait. Je l'ai appliqué à la lettre et supprimé - à regret dans un premier temps - environ 100 pages.

Courant 2000, quelques étudiant(e)s en soins infirmiers ont lu le document professionnel "compilé". Ces étudiant(e)s souhaitaient faire leur travail de fin d'année sur le thème de l'humanitaire, je complétais systématiquement l'entretien par "Quelques soins sans frontières" (C'était le nom du manuscrit). J'ai reçu, alors, des échos très positifs et l'une d'entre elles a souhaité me citer dans son travail de validation.

Par la suite, une infirmière de réanimation auprès de qui j'avais pris avis m'a dit qu'il contenait quelques passages trop "cassants", quelques prises de position qui "enfonçaient" l'autre inutilement puisque cela n'apportait rien de plus au récit. Je les ai donc supprimés. Dans sa réponse, elle m'avait, aussi, incité largement à partager cet écrit et à le publier.

On pourrait dire qu'en 2001, j'ai plutôt laissé reposer le texte.

En 2002, je l'ai envoyé par courrier électronique à un ami qui se trouvait pour quelques semaines alité. Il avait donc le temps de le lire. Voilà sa première réaction quelques jours après: "Toujours autant de facilité pour l'écriture. Emouvant est le premier mot qui me vient à l'esprit. Beaucoup de sincérité dans ces trois premiers chapitres et je ne vais pas tarder à MANGER les autres".

Enfin en 2002, j'ai demandé à un Professeur en médecine s'il ne connaissait pas quelqu'un dans le monde de l'Edition. Il m'a demandé pourquoi. Je lui ai répondu et il m'a alors proposé de me donner son avis sur mon manuscrit.

Voilà en partie ce qu'il m'a répondu en septembre en plus des annotations qu'il avait directement faites sur le document: 

"J'ai lu avec attention, et la plume à la main, votre travail. On y trouve le récit de votre orientation professionnelle et du déroulement de votre "carrière" avec un ton qui traduit bien la sincérité de vos engagements et l'ardeur avec laquelle vous avez cherché à mener les très nombreuses phases de votre cursus. Que comptez-vous faire de ce travail important?  Pour ma part, je trouve dans cet ensemble:

1. La description des engagements et des élans de générosité d'un jeune homme qui avait décidé de se donner dans une profession caritative. C'est la Somalie. C'est l'Afghanistan. Mais aussi un certain nombre de décisions qui vont toutes dans le même sens.

2. Une suite de réflexions générales qui émaillent l'ensemble du récit - je les ai mises () - dans l'état  de la rédaction actuelle, elles rompent souvent la narration, elles sont parfois redondantes, elles devraient être groupées sur quelques thèmes simples.

3. Une ambiance de dénonciation d'insuffisances multiples provenant de la hiérarchie des personnels médicaux et paramédicaux et finalement de la société en général.

Pour ma part, c'est le 1° qui m'intéresse le plus. L'histoire d'un jeune infirmier qui avait voulu se donner aux autres est touchante et exemplaire.

Il apparait constamment que vos choix ont été guidés par un goût et même une aspiration aux métiers caritatifs - plutôt que d'insister sur sa capacité à aimer, à partager, à être utile on aimerait une analyse plus sobre de ce qui a déterminé le choix pour une profession caritative- . C'est un point très important car depuis ces dernières décennies on remarque une diminution globale de l'attrait vers ces métiers.

(Ancienne page 22) le 3ème paragraphe est déconcertant. Ces cadres infirmiers n'auraient-ils jamais pratiqué les soins. Philippe Gaurier ne se serait-il pas investi au maximum dans le soin en pédiatrie puis en Somalie? Si l'école des cadres fait rêver des soins c'est... ?

Ce qui est intéressant, c'est de souligner la réaction du "jeune idéaliste nanti" face à la réalité du problème qu'il a décidé d'aborder.

Il faudrait essayer de tirer partie de la description du retour en réanimation pédiatrique après la Somalie. Finalement, quelle leçon en tirer: la maladie et la mort des enfants toujours insupportables quelles que soient les circonstances? Médecine de masse versus Médecine de l'individu?...

L'année sabbatique est pleinement justifiée sur le plan factuel, mais qu'en tirer par rapport à ce que vous avez prouvé dans votre dévouement aux soins dans un "grand élan altruiste."

Lors de l'entretien, ce Professeur en Médecine m'a clairement signifié que c'était le point 1° qui l'intéressait le plus. Il a parlé de monographie... et qu'après avoir retravaillé l'ensemble, il faudrait bien cibler l'Editeur.

Je l'ai remercié et immédiatement mis en oeuvre ses recommandations.

J'ai donc retiré au fil des premiers chapitres les liens avec l'enseignement et les questionnements et j'ai très largement étoffé par copier-coller entre autre le chapitre XI "Je ne suis pas une monitrice, je suis un formateur". Enfin, j'y ai ajouté les conclusions de mon travail universitaire "Taxinomie et figures de didacticiens en soins" que j'avais laissées de côté depuis 4ans.

Courant octobre 2002, j'ai confié le manuscrit retravaillé à 2 infirmières. Elles m'ont dit toutes les deux que c'était -certes- très intéressant mais aussi qu'elles n'avaient jamais rien lu d'aussi émouvant et d'aussi réel sur la profession.

L'une d'elles essaya de me dire que tant de phrases étaient à étayer , à creuser, à travailler, que tant de réflexions s'ouvraient à elles... que c'était trop top. Je la sentais heureuse d'avoir lu ce texte, de s'être en partie reconnue dans les questionnements. Elle repartait la tête pleine de nouvelles questions qu'elle aimerait partager avec ses collègues.

La seconde m'a verbalisé à peu près la même chose, mais elle m'a laissé en plus un petit texte que je vous livre:

"Merci, c'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai refermé votre livre. Vous m'avez fait un magnifique cadeau au moment où je doutais sur le bien fondé de ma vie professionnelle. L'avez-vous ressenti? J'en suis persuadée.

Nos vécus sont bien différents, pourtant, nos questionnements sur le pourquoi, le comment de la vie et l'analyse que l'on en fait ont bien des similitudes. J'en ressens une cohésion professionnelle.

Il est encore loin le temps où l'on n'aura plus à souffrir de nos actes pour se réaliser dans cette profession, mais après vous avoir lu, je garde encore espoir.

Permettez moi de vous encourager à offrir ce récit à d'autres. Il est le reflet de notre vie professionnelle et aussi celui de la VIE". 

Chemin faisant, puisque j'étais de nouveau dans l'écriture ou la réécriture, j'ai formalisé le chapitre XII "L'hypothèse de la réparation" qui donne une nouvelle dimension au projet d'ouvrage. Il confère à ce travail de "l'auto analyse". Je pense que ce paragraphe XII pose une réelle question à tous les soignants paramédicaux et médicaux, peut-être même la question principale.

"Quelqu'un" qui avait déjà lu les XI premiers chapitres et qui m'avait largement aidé à les corriger m'a écrit lorsque je lui ai envoyé ce petit douzième: "Votre chapitre 12 est très réussi, et émouvant, ébranlant même... ! Avez-vous lu "La part des ténèbres" de Stephen King sur ce sujet? Le livre (très bien écrit - son meilleur pour moi) ne devrait pas vous laisser de marbre...".

Ensuite, ce fut la recherche d'un Editeur.

Et aujourd'hui, c'est votre avis "sur ce livre" et vos réactions que je sollicite. Merci.A bientôt.