Courriel 05 avril 2006:

Objet: merci pour votre livre

Je viens d'acheter votre livre pour aider ma fille à savoir si la profession d'infirmière lui plaira. Infirmière moi aussi, je travaille depuis plus de 30 ans en psychiatrie dans un hôpital public. J'ai dévoré votre livre avant de le donner à ma fille et évidemment, comme vous, j'aime l'AUTRE.

SMS du 12 avril 2006 de Marie-Pierre (Soignante) à Régine (Soignante); Régine étant de passage quelques jours chez Philippe (l'auteur):

J'ai fini le livre! C'est trop fort, cet homme est vraiment fort. Enfin, je me retrouve. Je partage les mêmes valeurs que lui. Je me sens moins seule dans ma façon de penser mon travail et surtout dans ma façon de travailler, et je comprends que même si je ne suis pas toujours comprise, peut-être que ma manière de m'exprimer n'est pas toujours la bonne. Ce qui compte, c'est de ne pas lâcher ses propres valeurs. J'aurais aimé avoir un jour un surveillant tel que lui... Peut-être aurai-je la chance un jour de parler avec lui. Je te charge de lui transmettre mon admiration pour ce livre et ce qu'il a mis de lui-même. Il faut du courage pour tout dire. Je le remercie. Bisous. Marie-Pierre.

Courriel du 02 juin 2006

Bonjour,

Je suis infirmière puéricultrice en PMI, actuellement en congés pour 15 jours, j'en ai donc profité pour acheter votre livre. En 1 journée, je l'ai lu tellement je l'ai trouvé passionnant. Je tiens donc à vous féliciter et vous dire combien j'aurais aimé avoir un formateur comme vous à l'école d'infirmières plutôt que des "monitrices ringardes" comme j'ai eu!!!!!!!!!! Merci du plaisir que vous m'avez donné par le biais de ce livre.

Magalie

Revue Soin n°706 juin 2006

Philippe Gaurier, cadre supérieur de santé dans un hôpital nous livre ici son expérience de soignant. Il raconte des situations, des émotions, des difficultés rencontrées dans son métier, lors de ses séjours à l'étranger avec "Médecins sans frontières". Son récit pose également des questions fondamentales, entre autres: Qu'est-ce qu'être soignant? Pourquoi devient-on soignant? Pourquoi devenir responsable de formation en soins infirmiers en formation initiale? Philippe Gaurier développe ici ses convictions, notamment en ce qui concerne la formation au soin: "Il est vrai que pour former l'étudiant au soin, il faut que le formateur ait une conception du soin et aussi une conception de l'homme qui donne et reçoit le soin, tout comme il doit avoir une conception de l'homme (la même) qui forme ou qui se forme". Il est également question dans ce livre du rapport à la mort. L'auteur conseille aux étudiants en soins infirmiers d'apprendre à connaître leurs patients et surtout ceux qui risquent de mourir, car "pour faire le deuil, pour mieux faire le deuil, pour essayer de mieux faire le deuil d'un patient, il faut dans un premier temps pouvoir se le rappeler". Cet ouvrage est à conseiller à tous les soignants qui partageront ainsi une expérience professionnelle exceptionnelle et une réflexion pleine d'humanité sur la profession. 

Chatillon informations n°206 juin 2006

Ce livre n'est ni un roman, ni un récit autobiographique, ni un essai pour valoriser la profession préférée des Français. C'est un étonnant récit qui, fondé sur le témoignange des expériences professionnelles les plus intenses de l'auteur, amène le lecteur au coeur du plus intime de la vie, de l'engagement, de la souffrance, de cette relation indicible qui relie le patient au soignant. Philippe Gaurier est infirmier diplômé d'Etat depuis près de trente ans. Son parcours l'a conduit des services de réanimation néonatale aux terrains d'exercice les plus sombres des ONG en Somalie ou en Afghanistan, de l'enseignement de la formation initiale des infirmiers à l'encadrement hospitalier. On sent chez l'auteur une irrépressible volonté de faire partager les valeurs humaines qui ont toujours guidé son engagement et qui se résume en un mot: l'autre...

Courriel du 27  et du 29 juin 2006

Bonjour, je suis en deuxième année à l'ifsi de l'hôpital Nord, à Marseille. Je suis en plein questionnement pour mon sujet de tfe. Je cherchais dans les librairies quelque chose qui me fasse réfléchir sur la profession et sur tout ce que cela implique comme don de soi. Je suis tombée par hasard sur votre livre "Etre infirmier aujourd'hui". Acheté hier, j'ai bu 100 pages ce soir... et j'ai souffert face à l'émotion qui m'a envahie.

Je crois que pour répondre à la question de la page 68, je dirais qu'il faut simplement lire ces mots pour être touchée comme aucun stage encore ne m'a touchée ainsi. Je vais en juillet en stage au bloc gynécologie... J'espère beaucoup et à la fois, j'ai peur, mes émotions me dominent tant.

Merci pour cette plaisante lecture qui torture. Merci de comprendre les étudiants. A bientôt à travers ce livre.

... Ca y est, j'ai fini le bouquin. C'est tout ce que je recherchais. Je vais m'empresser de le recommander à mes amies de promo. Merci encore.

Natacha

PS: je viens d'aller voir le site www.etre-infirmier-aujourdhui.com . C'est très intéressant. Les photos mettent en exergue le poids des mots.

Courriel du 03 juillet 2006

... Les vacances se pointent à l'horizon...

J'ai ouvert le livre en avance, je comptais le garder pour quelques heures de farniente au bord du lac..., mon lieu favori en Provence... J'ai commencé à lire et je suis fascinée. Je te remercie déjà de ton écriture, je n'ai pas avancé plus loin que l'Afghanistan. C'est passionnant! Je te remercie, comment le dire autrement, de ton écriture!! Intense, honnête, forte, riche, jamais surchargée, oui, intense... J'ai hâte de lire la suite, après-demain, au bord de "mon" lac, à l'ombre des pins...

H.

Courriel du 05 juillet 2006

Voici ce que j'ai transmis à la revue pratique. Cordialement.

C'est à un voyage très personnel que nous invite Philippe Gaurier. Plus précisément un triple voyage: dans son histoire personnelle avant tout. Son livre s'ouvre et se clôt sur des évènements qui entourent sa naissance. Il nous invite aussi à partager ses interrogations et ses certitudes dans la pratique des soins aux enfants et aux prématurés dans le cadre de services techniquement en pointe. Enfin, il nous entraine à ses côtés dans la complexité et les difficultés des missions humanitaires en Somalie puis en Afghanistan avec des accents de sincérité émouvants.

Nous sommes donc loin des considérations généralistes sur le métier d'infirmier que son titre "Etre infirmier aujourd'hui" pourrait faire attendre à ceux qui ne prendraient pas le temps du sous titre "D'une ONG au monde hospitalier, un parcours sans frontières". Sauf quand il interroge particulièrement la question de la formation.

En fait, l'auteur rend compte et témoigne surtout des chemins qu'il a parcourus, des rencontres qu'il a faites et qui l'ont construit. Ce livre témoigne d'une quête du sens de sa trajectoire personnelle et d'une tentative de décryptage de ses motivations pour ce métier pas banal. Il a le mérite de nous rappeler qu'au coeur du travail infirmier se cache une de ces composantes à la fois essentielle et intime, le désir, au sens freudien du terme.

Gérard JOBARD, Infirmier.

Courriel du 04 août 2006

Bonjour, Je viens de finir votre livre... il a été posé parmi d'autres, sur une pile "à lire"... et puis je l'ai lu...

J'ai quarante ans. Je suis en réorientation professionnelle et je tente à nouveau le concours d'entrée en IFSI (après deux tentatives infructueuses). J'ai travaillé vingt ans en SSII puis dans l'industrie pharmaceutique. C'est une épreuve de vie lourde en 1996 (le décès de mon second fils) qui m'a stoppé net sur place et qui m'a ensuite fait pédaler sur une voie qui n'était plus la mienne (la voie de ceux-qui-consomment-et-pour-qui-tout-va-bien-du-1er-janvier-au-31-décembre. vous soyez lesquels?).

Comment après avoir vu mon enfant figé dans la mort par la raideur cadavérique (nous l'avons découvert mort dans son lit le dimanche 18 février 1996 à 8h avant de lui donner son biberon, il avait trois mois) aurais-je pu continuer? Comment après avoir eu ma fille un an après, ayant dormi au pied de son lit jusqu'à ses dix huit mois la main sur son ventre pour surveiller moi-même sa respiration, travaillant le lendemain par métro-boulot-dodo comme une automate n'aurais-je pas eu des cauchemars? C'est un parcours tellement fou qu'il me semble aujourd'hui qu'il m'a signifié une voie.

Votre témoignage en ONG me rappelle le film "Vas, vis et deviens". Si vous ne l'avez pas vu, il devrait faire résonnance. Il est aussi fort, aussi vrai... je me suis toujours demandée comment des jeunes gens, dès leur fin d'études, pouvaient ainsi partir affronter l'horreur. Quelles étaient leurs armes de protection massive? La trame de votre livre m'a apportée une réponse fondamentale et je vous en remercie: ils n'en ont pas...

Connaître les raisons qui poussent l'individu à s'oublier pour l'autre est la clé.

Vous avez été très loin dans la connaissance de vous-même et votre retranscription d'histoire de vie sonne juste. C'est là le mérite de votre livre, et le vôtre biensûr. J'aimerais beaucoup tomber sur un formateur tel que vous (mais soyons réalistes!!).

Pour ce qui est de votre vision du métier, là aussi MERCI. Le pire côtoie bien souvent le meilleur. Je pense qu'il en est de l'infirmière comme de tout autre métier. La relation soignant/soigné ne se crée pas toujours parce que l'intérêt réciproque n'est pas toujours là. Il faut aimer ses malades comme ses propres enfants pour que cela se ressente... On ne peut pas demander cela à tout le monde!! Par contre lorsque lors d'une hospitalisation, on a la chance de faire LA rencontre avec un soignant... quel bonheur! quelle grandeur! quelle humanité!

Vous avez eu le courage de noter vos convictions judéo-chrétiennes dans votre livre et de les mettre en pratique dans votre métier. C'est exactement ce vers quoi je veux aller dorénavant.

Je termine en vous racontant une anecdote:

J'ai été éliminée, à la première tentative, à l'oral du concours d'entrée en novembre 2005. Il m'avait semblé que j'avais été vraie, concrête, cohérente, motivée... Je prends RV avec la directrice pour connaître les éléments de mon dossier qui ont abouti à ce flop... Elle me reçoit, très humaine. Le jury cinglant"aucune relation à l'autre" = note éliminatoire. Je tairais ici l'énergie qu'il m'a fallu pour surmonter cette sanction. Connaissant mieux que quiconque mon parcours de vie, cette appréciation relevait du hors sujet complet. Bref, on apprend avec les années, les aberrations des systèmes (Voir Michel Crozier, l'acteur et le système) quels qu'ils soient. Je me présente à nouveau cet automne, et ils me verront quoiqu'il arrive jusqu'à ce que je rentre!!

Très humainement.

Claire.

Article: Hope: Autour de l'hôpital. Juin / Août 2006

Parole de soignant. Infirmier, depuis 30 ans que Philippe Gaurier exerce ce beau métier, il en connaît toutes les facettes. Son parcours qui l'a mené de Médecins sans frontières à l'univers hospitalier est riche d'expériences. De la réanimation néonatale à la Somalie, au service de psychiatrie d'un établissement parisien, il nous conte son parcours dans ce livre qui se lit comme un bon petit roman. Et si cela ne suffisait pas, le regard qu'il porte sur notre système de santé, à la fois celui d'un homme de l'intérieur et celui d'un ancien humanitaire, vaut la peine que l'on s'y attarde.

Courriel du 19 août 2006

Bonjour,

Je vais entrer en 3ème année et cet été j'ai lu votre livre passionnant, passionnément.

Pour la question de la page 68, je pense qu'on ne peut pas réellement nous préparer à la mort et à la mort d'un enfant encore moins. A moins que les formateurs puissent nous parler de leur propre expérience, de ce qu'ils ont ressenti, ce qui n'est certes pas aisé devant une classe.

Moi j'appréhende le jour où je serais confrontée à la mort car je ne l'ai encore jamais vécue dans mes stages. Et je ne sais vraiment pas comment je réagirais. Je pense que ça dépend beaucoup de l'attitude de l'équipe.

Pour mon TFE, je vais parler de l'attachement de l'infirmier envers le nourrisson et ce que cela peut impliquer sur le soin. Est-ce que vous vous êtes déjà attaché à un enfant au point que cela ait une répercussion sur le soin que vous pouvez lui procurer? Est-ce que l'attachement d'après vous favorise une meilleure réponse aux besoins du nourrisson? Ou au contraire est-ce que cela nuit au soin? Est-ce qu'on s'attache obligatoirement? Si vous pouviez m'aider sur ce sujet ce serait super sympa bien que je sache que vous n'avez pas forcément le temps de faire de longs mails.

Enfin voilà, merci!!

Audrey

Courriel du 22 août 2006

Bonjour,

Ce week-end j'ai lu votre livre: Etre infirmier aujourd'hui et j'avoue un record battu pour moi: en deux jours j'ai dévoré votre livre.

Je m'appelle Fanny, j'ai 19 ans et cette année, j'ai passé le concours d'infirmière. Mais malheureusement, je suis sur liste d'attente. Je garde un peu espoir jusqu'au 25 septembre pour recevoir un coup de fil miracle sinon je ne reste pas abattue, je recommence l'année prochaine!

Vous m'avez redonné de l'espoir, de l'envie, de la volonté, à vouloir faire ce métier! De la façon dont vous avez écris votre livre, on avait l'impression de vivre les émotions que vous avez vécu... J'ai particulièrement été sensible en Somalie avec les enfants, la nourriture, les mamans... C'était vraiment prenant, je voulais vraiment y être... J'ai également apprécié vos annexes sur votre vie de formateur, cela motive encore plus de rentrer en IFSI!

J'ai visité votre site Internet. C'est très bien ce que vous faites car même si on est dernière notre écran, on aperçoit une misère, les réalités "du pays", des enfants qui ont faim, des adultes blessés. Quand on voit ça, on a vraiment une injustice, une colère qui surgit en nous...

En tout cas, merci de nous avoir fait partager votre vie à travers un livre, ça nous remet les pieds sur terre et nous fait comprendre certaines choses de la vie quand on débute dans le monde des adultes.

Merci. A quand le prochain livre?? Bonne continuation à vous! Cordialement.

Fanny (Bouches du Rhones)

Articles: La renaissance le bessin, Les nouvelles de falaise, Pays d'Auge. Le 29 août 2006

Etre infirmier aujourd'hui, c'est exercer la profession la plus aimée du public. Mais qu'implique-t-elle vraiment de nos jours? Que veut dire soigner? Dans quel environnement? Comment cette profession se situe-t-elle dans notre société?

Cet ouvrage simple, basé sur l'expérience de l'auteur, nous fait découvrir un métier où les valeurs humaines sont essentielles pour le pratiquer. D'un service de réanimation néonatale à la Somalie, de l'Afghanistan aux grands prématurés, de l'école des cadres à la formation: par son parcours riche en expériences, Philippe Gaurier témoigne des situations, des émotions, des difficultés rencontrées dans son métier, tant lors des séjours à l'étranger avec l'ONG "Médecins sans frontières" que dans l'environnement hospitalier dont il connaît tous les rouages. Ce livre émouvant nous transporte dans un univers étonnant, souvent victime de préjugés, où la personnalité de l'auteur se forge, sans jamais perdre de vue son premier objectif: soigner. Cette expérience unique racontée comme un roman soulève les questions dont dépend l'avenir de notre système de santé. C'est sans pudeur et sans complexes que Philippe Gaurier tente d'y répondre en s'accrochant à des valeurs auxquelles beaucoup ne croient plus.

L'auteur: Philippe Gaurier, né en 1955, infirmier diplômé d'Etat depuis près de trente ans, a une vaste connaissance de l'ensemble des problèmes de la profession. L'espace visité dans son livre est surprenant. Il couvre principalement le monde hospitalier et humanitaire mais aussi le travail en intérim, en entreprise et le champ de la formation initiale en soins infirmiers. Philippe Gaurier est actuellement cadre supérieur de santé dans un hôpital.

Courriel du 13 septembre 2006

Avant toute chose, merci pour votre livre. Pour moi, c'est un mélange de plaisir et de douleur. Je suis aujourd'hui infirmière en Belgique. Mon parcours est particulier. Je suis née rêveuse. J'aime observer et me languir. La nature et plus tard la biologie m'ont toujours fascinée. Que le corps humain est beau, magique! Je ferai donc des sciences et plus particulièrement de la médecine. Je veux aider l'homme. Je veux apprendre, comprendre et appliquer. A 18 ans, je fais le choix d'une université. Je ne sais pas encore que ce système n'est pas fait pour moi. J'ai des idéaux: l'homme est bon, aide les autres, et le médecin est cela. Je ne sais pas encore que n'avoir jamais du étudier (j'ai une bonne mémoire) et n'avoir jamais du m'organiser vont me coûter cher. Première grande claque: Dans les auditoires, le professeur nous demande d'observer notre voisin de droite et de gauche et nous annonce que ce sera moi ou eux. Bonjour le système.Tout ce qui est bio me passionne, le reste m'ennuie, donc je n'étudie pas, donc je me casse la figure. Il faut recommencer, mais quoi? Je ne ferai jamais "torche cul", ainsi en a décidé ma grand mère. Je serai donc professeur en sciences. Je réussi sans difficulté, quand on aime quelque chose, il n'est pas difficile de le faire passer. Mais les programmes scolaires en sciences sont du plus haut ridicule: "la reproduction de la moule" dans les quartiers défavoridés de Bxl est vraiment sans intérêt. Les élèves sont très difficiles. Je pense surtout que ce qu'on leur donne comme cours n'a aucun intérêt pour eux. Je vais un peu tout faire dans l'enseignement et surtout rien d'intéressant. La vie me fait le cadeau de faire un nouveau virage professionnel. Je suis mariée. J'ai un enfant (qui m'a permis de grandir). Je reprends des études d'infirmières. Merveilleux, non seulement je fais des sciences mais je vais prendre soin des autres. Je vais aussi éduquer. Et puis patatra, je dégringole encore une fois de mon nuage. Ce qui est pour moi fondamental dans les soins infirmiers, à savoir la relation d'aide, voir le patient dans sa globalité, tout cela, je ne le vois pas. De plus, je travaille dans un service de chirurgie digestive. J'avais demandé de ne pas y aller car mes 2 grands-pères ont eu des amputations abdomino-périnéales et ma grand-mère a une stomie  du grêle. Je les ai vu mourir à petit feu du cancer et cela a été très difficile, mais je ne me respecte pas, j'accepte le poste. Trop de personnes meurent du même type de pathologie et à chaque fois la blessure s'ouvre. Dans le même temps, tous les soignants prennent en charge une pathologie et pas la personne. Cela, je ne peux l'accepter. Je fuis donc cet univers après 5 ans. Je me retrouve dans un service de soins intensifs en cardiologie. Là, on y fait surtout du secrétariat. Le patient bof, petit à petit, j'ai l'impression de m'éteindre. Je rentre même dans le moule. Je passe plus de temps à me plaindre quà soigner. Donc, je décide de fuir encore une fois. Je retourne dans l'enseignement, mais infirmier cette fois. Peut-être que j'y rencontrerai des personnes qui veulent aider l'humain dans sa globalité. Il me manque pour l'instant l'énergie et votre livre m'en donne un peu, donc merci. Voilà un résumé de ma vie.

... Il est difficile de résumer sa vie en peu de lignes. Je tenais à vous écrire pour vous dire merci mais aussi pour vous expliquer pourquoi je veux être formatrice. J'aimerai que les futurs infirmiers comprennent que soigner un être humain c'est appliquer des techniques précises qui respectent l'aseptie et l'hygiène, mais que cela n'est que la partie visible de l'iceberg. Il faut aussi prendre soin du psychologique et du spirituel. Sans cela on est sans doute un bon technicien, mais pas un bon infirmier. Cette profession est sans doute l'une des rares qui entre ainsi en contact avec l'être humain. L'oublier c'est se perdre, s'éteindre. Pour cela, je pense qu'il faut être au clair avec soi. Il faut aussi se préparer à la mort. Cela, on ne vous l'apprend pas à l'école, ni dans notre société d'ailleurs. Nous nous devons d'être jeune, beau, bien portant, athlétique et intelligent. La profession d'infirmier nous renvoie à la vieillesse, à la souffrance, à la mort. Quel choc! Ne pensez-vous pas être performant en technique, en machinerie, en tout? Ce qui nous permet de croire que nous pouvons maîtriser la vie est le leurre le plus dangereux de l'infirmier. Soyons avant tout des êtres humains. Acceptons nos faiblesses. Essayons de faire de notre mieux, ce n'est déjà pas si mal.

Dominique

Objectifs soins: Mémoires d'un cadre sup; Novembre 2006

Cadre supérieur de santé, Philippe Gaurier vient de publier aux éditions Ellébore son premier témoignage sur la profession d'infirmier. Plus qu'un simple récit autobiographique, ce livre est une véritable expérience d'analyse d'un parcours de soignant. L'auteur pose les jalons de la construction d'une mémoire collective de la profession, pour mieux accompagner celles et ceux qui vivent les soins au quotidien ou qui s'y destinent.

Pourquoi suis-je devenu infirmier? Pourquoi suis-je devenu formateur en soins? Pourquoi ai-je quitté les soins pour devenir formateur? Après ces trois questions, posées à Philippe Gaurier il y a presque 10 ans lors de la validation d'une unité de formation de psychologie, l'évaluateur devrait certainement aujourd'hui lui en poser une dernière, celle de savoir pourquoi il a quitté la formation pour un poste de cadre à l'hôpital. "Je pense qu'il est essentiel pour un cadre ou un formateur de se poser ces questions", estime Philippe Gaurier. "Car la compréhension de son propre parcours permet d'accompagner au mieux l'autre dans son projet professionnel, que ce soit un étudiant infirmier ou un professionnel de santé". Ce sont en tout cas ces questions qui ont amené Philippe Gaurier à commencer l'écriture de son témoignage, celui de la vie d'un soignant d'aujourd'hui. Il vient également d'ouvrir un site Internet, à travers lequel il appelle les soignants à témoigner à leur tour. "Il est important que les personnels paramédicaux témoignent de leur réalité, en premier lieu pour eux-mêmes, mais aussi pour accompagner ceux qui entrent dans la profession"  aujoute-t-il. "Enfin, ces témoignages contribuent à faire reconnaître la place des soignants dans la société actuelle".

De la Somalie à l'école des cadres

Le livre de Philippe Gaurier se lit comme un roman, il entraine le lecteur d'un service de réanimation néonatale à son expérience en Somalie avec Médecins Sans Frontières, de l'Afghanistan aux grands prématurés, de l'intérim à l'école des cadres puis à la formation. L'histoire commence en juillet 1955, date de la naissance de l'auteur. Adolescent, le jeune Philippe se sent révolté par l'inégalité, l'injustice, la guerre et l'exploitation de l'homme par l'homme. Il sait déjà qu'il ira travailler dans les pays en voie de développement. C'est à 21 ans qu'il fait le choix de rentrer dans un IFSI de l'AP-HP, son objectif étant de soigner les plus déshérités. Le DE en poche, il commence par exercer sa nouvelle profession au sein d'un service de pédiatrie et de réanimation néonatale. Il y restera deux ans, avant de se sentir enfin prêt pour partir en mission avec MSF. En 1981, il découvre l'horreur de la Somalie, des enfants qui meurent de faim dans les camps de réfugiés. De retour en France, il est incapable de répondre aux questions de ses proches, de ses collègues infirmiers."Comment dire, car je ne le sais pas encore à cette époque, j'ai vu plus d'horreurs que je ne suis capable d'en supporter et je suis cassé, j'ai besoin que l'on prenne soin de moi", raconte-t-il. Il reprend son travail en réanimation néonatale, mais pense déjà repartir en mission humanitaire. Une nouvelle mise en disponibilité lui étant refusée, il n'hésite pas à démissionner de son poste de l'hôpital lorsque MSF lui propose une nouvelle mission dans l'Afghanistan en guerre. A son retour, il fait des remplacements pour gagner sa vie, en tant qu'infirmier pour une classe de neige, une résidence de vacances pour jeunes adultes, dans diverses cliniques, des hôpitaux et même dans un immense club de vacances près de la mer. Sa vie personnelle a changé, il lui faut désormais se stabiliser. En 1985, il postule dans un service de réanimation néonatale, ce qu'il connaît le mieux, au sein d'un hôpital de la petite couronne près de son nouveau domicile. Les mois passent, puis les années. Mais les journées lui deviennent insupportables, la charge de travail qui n'arrête pas d'augmenter, l'impossibilité de trouver le temps de vérifier son travail...

Le deuil des soins

"Sans doute qu'inconsciemment, je quitte la réanimation parce que j'ai dépassé depuis longtemps mon seuil de tolérance à faire des deuils successifs. Je le dis clairement aujourd'hui, mais à l'époque, je ne le pensais pas" analyse-t-il. Après avoir travaillé dans un laboratoire d'exploration fonctionnelle, Philippe Gaurier passe le concours de l'école des cadres en 1990 pour devenir formateur en soins infirmiers. "Je finirai par comprendre, quelques années plus tard, que j'ai quitté les soins parce qu'ils étaient devenus pour moi trop douloureux. Le "grand cahier noir" était plein", précise-t-il. Et c'est aussi pour mettre ses étudiants en garde contre ce "grand cahier noir", cette liste de deuils à faire qui n'en finit pas de s'allonger, que Philippe Gaurier a choisi d'être formateur. Son objectif était certes de transmettre ses compétences, mais aussi d'apprendre aux étudiants à prendre soin d'eux. "Combien d'années peut-on supporter la souffrance et la mort des autres? Existe-t-il un seuil chez l'être humain? Peut-on, et si oui comment, accompagner les soigants soumis à cette réalité?", se questionne-t-il au fils des pages de son livre. Pendant sept ans, il va former avec passion au métier qu'il aime profondément mais qu'il a du quitter. Il se questionne toujours et encore sur ses pratiques professionnelles, la pédagogie qu'il emploie, questionne ses collègues aussi. Mais il semble que la remise en question de pratiques pédagogiques ne soit pas toujours du goût de tous, et il lui est conseillé de retouner sur le terrain hospitalier.

Le challenge d'un cadre supérieur

En 1998, Philippe Gaurier occupe pour la première fois un poste de cadre hospitalier dans un service de réanimation néonatale chirurgicale et pédiatrique. Après avoir suivi la formation à l'emploi de surveillant général, il est nommé un an et demi après cadre supérieur d'un service d'hépato-gastro-entérologie. "Quand je suis arrivé dans le service, il était en sous-effectif, les soignants n'en pouvaient plus", regrette-t-il. La mobilisation des personnels et une réelle analyse de la charge de travail permettra de faire valider par la drection 5 postes infirmiers supplémentaires. Cette première expérience en tant que cadre supérieur dure quatre ans, et Philippe Gaurier a de nouveau besoin de changer. Cette fois-ci, c'est le carcan financier qu'il ne supporte plus. "il y a des limites à être à la fois dans une logique de soins et dans une logique restrictive... J'espère qu'il y aura à l'avenir des chefs de pôle qui oseront crier haut et fort qu'on leur redonne les moyens de soigner". Depuis 2004, Philippe Gaurier est cadre supérieur de santé au centre hospitalier Paul Guiraud, un Etablissement Public de santé Mentale de Villejuif dans le Val-de-Marne. Outre son activité en tant que cadre supérieur, il participe à un projet de l'hôpital qui lui tient particulièrement à coeur, la relocalisation d'une clinique intersectorielle. "Cette relocalisation permettra de mieux répondre aux besoins des patients. C'est un challenge particulièrement intéressant pour moi, car il s'agit d'accompagner les équipes dans cette mutation", s'enthousiasme-t-il. Et visiblement, Philiipe Gaurier n'est pas de ceux que le changement effraie, bien au contraire.

Joëlle Maraschin

Couriel du 31 octobre 2006

Bonjour,

J'ai lu avec attention votre livre et je l'ai apprécié quoique vous n'alliez jamais au fond des choses, quel que soit le chapitre, comme si vous aviez voulu uniquement survoler chaque thème ou eu peur d'écrire un gros livre. Quasiment chacune de vos phrases laisse en suspens une énigme qu'il nous faudrait résoudre, et je vous cache pas qu'à terme cela lasse et décourage. j'ai l'impression, en tant qu'écrivain moi-même et infirmier diplômé d'Etat, que quelque chose vous a sans cesse freiné dans votre démarche littéraire, et c'est dommage. La littérature ne saurait s'embarasser de censure ni même d'auto-censure, c'est l'écrivain qui vous le dit et je ne saurais, à ce sujet, que vous engager à votre tour à lire mes livres.

J'ai été sensible à votre désir constant d'aider les autres. Il est possible, comme vous le laissez entendre à la fin, qu'en cela vous tentiez d'aider "l'autre" disparu tôt dans le ventre de votre mère au moment même où vous naissiez, vous. Je pense, pour ma part, qu'il est possible de soigner les autres sans pour autant les aimer particulièrement au sens de l'amour chrétien que vous évoquez. Je pense que l'on peut soigner "froidement", et que cela est tout aussi efficace que l'autre façon de soigner. L'amour, quel qu'il soit, n'est pas une condition sine qua non du soin. Le fameux "cahier noir" n'est nulle part absolument inhérent à la fonction soignante ou à terme sa résultante inexorable même si on n'y prend garde. Il faut, je le crois sincèrement, rapidement faire la césure définitive avec cette infirmière d'antan, mi religieuse mi soignante, profondément attaché à "son" malade, si nous voulons accorder d'avantage de crédit à notre profession. Cela n'ôtera jamais rien au fait d'être aimable toujours, respectueux et compréhensif voire tolérant. Mais je pense notre profession ira rapidement à sa perte si dès maintenant nous ne nous rapprochons davantage du médecin et prenions concrêtement, réellement, part au projet thérapeutique, même si pour cela il nous faut nous "éloigner"  un peu du patient. Nous ne pouvons plus, sous peine d'être discrédités même par les patients eux_même, sans cesse faire le grand écart entre, dans notre pratique professionnelle quotidienne, le ménage stricto sensu et les soins techniques les plus ardus. Plus personne ne s'y retrouve et c'est compréhensible. Davantage de délégation à l'aide-soignante (ce qui est déjà dans les faits) et davantage de délégation de soins médicaux à l'infirmière (ce qui la aussi est déjà dans les faits. Mais que cela soit confirmé dans les textes. Davantage d'implication de l'infirmière dans la décision thérapeutique.

J'ai travaillé un temps en psychiatrie. Vous y êtes actuellement. J'ai vu les psychiatres tous les jours arriver 1 heure ou 2 dans le service et disparaitre ensuite le reste de la journée, c'est nous les soignants, les aide-soignants, les ASH, etc, qui étions là et qui gérions, et ce toujours sous la tutelle - à distance puisqu'ils n'étaient plus là - des médecins. Plus rien ne rime à rien dans ces conditions aberrantes. Même pour des compresses, du sérum physiologiques ou un sirop pour la toux, nous sommes dépendnats d'eux et leurs prescriptions, cependant toutes les responsabilités nous incombent toujours. Nous sommes au centre de toutes les doléances, les plaintes, les récriminations, et les besoins bien sûr, besoins des patients, des médecins, des familles, des kinés, des psychologiues, que sais-je encore? Tout transite par nous; notre pouvoir est immense et nous n'en avons pas conscience du fait justement de la formation en soins infirmiers telle qu'elle est conçue actuellement encore et qui conssite essentiellement à nous maintenir dans ce rôle anachronique de " religieuse" obéissante et sans esprit d'initiative ni de décision quelconque. Dans ce rôle tristement subalterne et qui est un grand mensonge désormais. Mais sans doute, hélas, les infirmières sont-elles encore trop soumises de leur nature. Et les conditions d'admission dans les IFSI trop laxistes; c'est intolérable de voir des diplômées récentes ne pas savoir écrire une phrase sans y faire 5 fautes de syntaxe ou d'orthographe, par exemple, ne pas savoir rédiger correctement une transmission écrite, ne pas savoir s'exprimer verbalement même, ne pas savoir réfléchir, ne pas savoir donner son avis, être bêtes pour tout dire, et s'interesser à des choses secondaires comme, par exemple, ra,ger les dossiers de soins par ordre alphabétique même lorsqu'il y en a que 10, plutôt que de décider de telle thérapeutique quant à un soin d'escarre quand le médecin n'y connait alors rien à l'escarre prescrit n'importe quoi comme c'est souvent le cas notamment dans les maisons de retraite où de nombreux généralistes n'en ont jamais vu  de leur vie d'escarres sérieuses. C'est dur à dire mais c'est ainsi et j'ai de plus en plus de difficulté à l'admettre et à le supporter, comme nombre de collègues avec j'ai pu en discuter.

Votre livre est beau en cela qu'on y sent la sincérité qui est la votre et l'émotion qui s'en dégage en certaines pages. Il est raté aussi en cela que vous l'avez etouffé dans la forme  par ce côté écriture socilogique - ou de sociologue - qui le fait. A moins que vous n'ayez voulu vous adresser qu'à un nombre restreint de personnes... Vous êtes un type bien. Même cadre de santé (rire). Je ne puis que vous encourager à écrire encore mais d'une autre manière. Essayer le roman, de la sorte racontez votre expérience en Somalie, par exemple, vous verrez toute la puissance de l'évocation romanesque qui n'ôte pourtant jamais rien à la réalité des faits narrés et au message transmis. J'ai beaucoup d'estime pour vous. Je vous autorise naturerllement à publier ceci sur votre site.

Mes sentiments les meilleurs.

Aissa 

Couriel du 06 décembre 2006

Philippe,

Je me suis plongée tout de suite dans votre livre ce mois d'août au retour d'un voyage autour du monde qui a certainement changé ma vie.

Je suis infirmière diplômée depuis bientôt 4 ans, mais il me semble que cela fait maintenant des années. Je travaille en oncologie-hématologie depuis mes débuts, d'abord en France et maintenant depuis 2 ans à Londres. Tout est beaucoup moins frustrant ici. Les cadres ne sont pas toujours entrain d'aboyer. Ici, on les appelle les sisters. Le nombre de patients par infirmier va jusqu'à 4 ou 5 maximum, sachant que nous faisons les soins de base nous même, sans les déléguer aux aides soignants (ils ne sont pas très nombreux). Du coup, mon job ne se résume pas à injection-perfusion, soins douloureux souvent, mais rime plutôt avec bien-être. De plus, on nous envoie en formation à la fac assez facilement et comme apprentissage rime pour moi avec plaisir... Je suis actuellement une formation pour être formatrice/évaluatrice sur le lieu de travail: un grand plaisir pour moi qui adore travailler avec les étudiants. Somme toute une très bonne expérience.

Mais il manque quelque chose à ma pratique, et ce quelque chose, je crois que c'est une expérience dans l'humanitaire. Et là, je crois que j'ai besoin de votre expérience. En effet, je me demande si mon expérience passée sera suffisante. Et puis, je me demande si je serai capable d'affronter la dure réalité, de quitter Pierre que je connais depuis si longtemps. Mon rêve d'enfant, c'est ça, depuis les Kurdes, le riz pour la Somalie et la guerre en Yougoslavie. Mon deuxième rêve c'était d'être médecin, mais là, ça n'a pas marché. Dommage, mais ce n'était pas fait pour moi. Comment fait-on pour partir? Comment se lance-t-on sur la piste de l'humanitaire?

Bref, merci pour votre magnifique livre qui m'a vraiment fait vibrer de la première jusqu'à la dernière page, qui soulève des questions essentielles, fait réfléchir et échanger.

Merci.

Marion 

Courriel du 16 décembre 2006

Bonjour Philippe,

Je suis étudiante infirmière et je viens de terminer de lire votre livre... Mon travail de fin d'étude (TFE) est à rendre pour mi-janvier et donc je lis de nombreux articles de revues et des livres. Le vôtre venait juste d'arriver au CDI de mon IFSI, et comme je cherchais des infos sur la pratique IDE à l'étranger, la documentaliste m'a proposé votre livre. Et je n'en ai aucun regret!

Ce livre se lit très bien et m'a beaucoup parlé pour deux raisons.

Tout d'abord, vous décrivez bien votre amour pour les soins IDE et les raisons qui vous ont fait quitter les soins. Je suis moi-même en stage pré-professionnel dans un service de cardio et j'ai l'impression d'être dans une usine à soins, rien ne me plait car ce n'est pas en courrant que j'envisage mon métier, mais plutôt en prenant le temps, le temps d'être avec les patients... C'est maintenant en fin de 3ème année que je comprends la réalité de certains services et j'ai envie de fuir tout ça. Heureusement que le milieu extrahospitalier existe (moins de pression, de hiérarchie, de querelles de service, de paperasses...). Vous l'aurez compris, ce n'est pas mon meilleur stage que je vis là! Mais il faut que je m'accroche et que je relativise: le DE est proche, et quand je serai IDE je pourrai moi-même gérer ce fameux temps comme il me convient.

Et l'autre raison pour laquelle votre livre m'a touchée est en rapport avec vos expériences dans l'humanitaire. Cele en Somalie est extrêment poignante puisque vous avez été confronté à la mort, à la faim, à l'isolement... à beaucoup de choses qui sont inimaginables pour quelqu'un qui n'y était pas. Avant de faire mes études d'IDE, je suis partie 1 an en Inde et 5 mois au Brésil pour faire du bénévolat. J'ai aussi vu des choses difficiles dans mon travail. Ma Somalie à moi, c'était  l'orphelinat pour enfants handicapés des Missionnaires de la Charité de Bangalore (une ville du Sud de l'Inde). Moi aussi j'ai culpabilisé d'avoir quitté tous ces enfants, culpabilisé de ne pas avoir fait plus, de ne pas avoir empéché la maltraitance dont ils étaient victimes... Enfin, tout ça est une longue histoire... Je crois que c'est notamment lors des analyses de pratiques que j'ai à l'IFSI que toutes ces choses sont réapparues. Et d'en avoir parlé avec des psychologues, ça m'a permis de prendre du recul, d'accepter. Et puis aussi de lire des témoignages comme le vôtre, ça fait avancer.

J'attends d'être IDE pour partir dans l'aventure humanitaire. J'espère que je saurai faire face et que je m'épanouirai. En tout cas, je ferai attention à ne pas "empiler les morts dans un placard"...Merci pour l'aide que vous me donnez indirectement. Sachez que j'aurai fait pareil pour les boulettes de viande, et en plus, je suis végétarienne...!!!

Delphine

PS: Si vous voulez me donner votre opinion sur ma question de départ, votre avis m'interesse: En quoi la confrontation entre la pratique infirmière dans un pays en voie de développement et celle exercée en France peut-elle influencer la conception de soin de l'infirmier? (D'ailleurs j'ai du mal à définir ce qu'est la pratique infirmière dans un pays en voie de développement...)

Courriel du 03 janvier 2007

Ce mail pour vous féliciter de ce livre que j'ai dévoré en peu de temps! J'ai acheté ce livre tout d'abord pour découvrir votre expérience qui est très intéressante, qui montre le métier d'infirmier dans les différents secteurs. J'ai été principalement marquée par le chapitre sur votre "mission" en Somalie. Ce livre montre bien les différents secteurs où l'infirmier peut exercer.

Et pour une autre raison, la lecture de ce livre a été faite aussi dans le but de "prendre confiance en moi", et de trouver la possibilité de répondre à mes questions . J'étais en deuxième année d'école d'infirmière et l'an dernier, j'ai décidé de stopper ma formation pour cause de manque de confiance en moi principalement. Malgré une première année qui s'est très bien passée et une deuxième année qui débutait bien, j'ai eu un important problème de santé qui m'a obligée d'arréter mes cours pendant deux mois après un mois d'hospitalisation. Peu de temps après la sortie de l'hôpital, j'ai décidé de reprendre mes cours et de 'bosser à fond" mais sans succès (la mémoire ne marchait pas...). J'ai donc pris la décision de stopper après mûres réflexion et je ne le regrette pas. J'ai été embauché dans une clinique en tant qu'aide-soignante en médecine et ça se passe très bien, je me sens à l'aise dans le travail que je fais et j'ai confiance en moi contrairement à avant où je ne me sentais pas à l'aise dans les soins principalement techniques! J'ai une relation avec le patient qui me plait beaucoup: le relationnel, le toucher, l'écoute, ce que n'ont pas forcément les infirmières, à cause de leur charge de travail. Et ce qui est intéressant c'est que je vois vraiment ce qu'est le métier d'infirmière dans une vision professionnelle. Avant d'arrêter ma formation, les formateurs nous avaient demandé en milieu de deuxième année le sujet de notre TFE. J'y avais réfléchi et je trouvais intéressant de travailler sur ma vision en tant que soignante et sur la vision en tant que soignée. On verra peut-être plus tard...

En tout cas, encore félicitations pour ce livre et si vous pouvez me donner votre point de vue par rapport à ma situation, cela m'interesserait. Avec mes remerciements.

Amélie (AIDE-SOIGNANTE de 22 ans!)

Courriel du 22 mars 2007

Bonjour,

Je m'appelle laetitia, j'ai 22 ans. Je suis actuellement étudiante IDE en fin de formation (résultats le 24 avril...) et j'ai eu le bonheur de lire votre livre qu'une copine d'IFSI m'a prêté... Vous ne pouvez pas vous imaginez le soulagement que j'ai pu avoir en lisant votre livre. Je m'explique, en deuxième année j'ai « externalisé » mon stage de santé publique à Ouagadougou. Je pense et de loin que ce n'était pas la somalie, mais la misère  du monde, on l'a côtoyée pendant un mois, et le retour fut  très dur pour moi. Je ne demandais qu’à repartir et je me sentais incomprise par mon entourage. Il m'a fallu trois semaines pour repartir dans la vie de notre société. Ayant trouvé "ma drogue" je suis repartie dès que j'ai pu, c'est à dire pendant le mois de vacances d'été, mais au Togo et pour un chantier de soutien scolaire, donc avec beaucoup moins de pauvreté. On voulait voir le coté éducatif aussi (toujours avec la même personne). Certes, j'ai rencontré une personne qui vit 6 mois au Burkina / 6 mois en France, pour un projet humanitaire aussi et nous avons pu parler, mais il y a des choses qui ne se disent pas, qui se vivent et se ressentent, et ces choses là, j'ai pu les lire dans votre livre. J'ai pu comprendre que cela pouvait être normal de se sentir révolté face à cette misère, face à la bonne conscience que se donnent les gens de France....pour ne pas se sentir coupable d'être inactif! Actuellement, je suis à la recherche d'un emploi, et je suis confrontée aux mêmes remarques des cadres que vous.  Je demande un CDD de 6 mois, car à la fin de l'année, je pars dans un dispensaire de brousse au Cameroun pour 2 mois, et nombreux sont les cadres qui refusent de me prendre juste pour 6 mois car il faut former le personnel (ce que je peux tout à fait concevoir dans un service tel que la réa, les urgences ou l'onco pediatrique...etc.), et qui tentent de me décourager de partir…mais ils n'y arriveront pas… personne n'y arrivera… Sans parler des problèmes que j'ai rencontré face à ma formatrice de référence (comme toute ma classe d'ailleurs). En lisant le passage " j'ai l'impression que certains prennent du plaisir  à s'en prendre aux élèves" on s"est demandé si vous l'aviez rencontrée, on a bien ri, mais ses réactions me sont égales...Voila je tenais à vous féliciter. Vous avez fait des choses remarquables, et vous avez eu le courage de vos opinions! Bravo, bravo, bravo! Avec encore toutes mes félicitations...

Laetitia

PS : C'est fou le destin. Je vous ai écrit ce mail ce matin. Je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas envoyé, et cet après midi, au service (urgences pédiatriques de …)  je parle de votre livre, et une collègue vous connaîtrait.... elle s'appelle Odile. Voila cette fois ci je vous l'envoie!

Courriel du 30 avril 2007

Cher Monsieur,

Je n'ai pas encore achevé la totalité de votre ouvrage, mais je ne résiste pas à l'envie de vous exprimer toute la joie que j'ai eu à le lire. Tant d'humanité et de bonté dans vos propos ne peuvent que m'émouvoir, moi qui ne suis qu'une "aspirante – élève - infirmière".

Si j'avais la chance d'avoir un jour un formateur comme vous, je pourrais je pense aller chercher au plus profond de moi, les ressources nécessaires pour aller vers le patient, à sa rencontre, effectuer une véritable démarche de soins en tenant compte de l'être humain qui se trouve devant moi. Votre description des sentiments que vous éprouvez envers ces bébés lors de leurs "derniers soins" est bouleversante. Bien sûr que oui vous pouvez le dire à vos étudiants, ils ont besoin de le savoir. Mais tout le monde est-il capable de ressentir de telles choses ? Je ne sais pas.

A l'heure où, entrer en IFS, n'est plus souvent une vocation, il serait dommage de n'avoir que des techniciens pour les patients. Je m'en vais finir votre livre...

Courriel du 02 mai 2007

... J'ai donc fini votre livre : une pure merveille de témoignage.

Tout ceci me conforte dans ce métier que je choisis, après avoir écouté, vu, lu et entendu " la vie des infirmiers". Je soupçonnais déjà une différence entre "faire un soin" et "prendre soin", mais j'ai trouvé dans votre vécu l'expression de ce que représente pour moi le travail d'infirmière. Un rôle, porteur de sens quant au devenir des patients, qui attendent tant de nous.

Je passe l'oral dans 2 IFSI de la région Auvergne la semaine prochaine. J'ai 36 ans, je n'ai jamais travaillé en tant que soignante à l'hôpital.

Bien à vous.

Coralie

Courriel du 22 juin 2007

 Bonjour

C'est avec beaucoup d'intérêt et de plaisir que j'ai lu votre article sur le site d'Infirmiers.com. J'avais vu votre livre mais ne l'avais pas lu. Voilà qui est fait. Bravo et merci pour votre livre mais aussi, votre site et votre article qui nous invite à témoigner dans la continuité de votre propre témoignage.

Votre parcours est singulier et mérite d'être connu mais tous les parcours infirmiers le sont et je pense qu'il existe peu de métier ou la richesse et la diversité des pratiques sont aussi présentes.

Le site de l'association FORMA TIC Santé dont je suis la cofondatrice (depuis 2003), a
- inscrit votre site dans sa rubrique Liens
http://www.formaticsante.com/site/public/liens/liens.php?rubrique=22  
- signalé votre article publié sur Infirmiers.com dans le forum
http://www.formaticsante.com/site/phpBB2/viewtopic.php?t=2128  
L'information sera reprise dans la prochaine newsletter à paraitre fin Juin.
Le lien vers votre mémoire sur InfiWeb n'est plus fonctionnel. Pourquoi ne pas le mettre directement sur votre site ? Merci

Vu mon expérience et un parcours atypique (après 37 ans d'exercice) j'ai souvent témoigné auprès de groupes formels ou informels, mais malgré mon envie quelquefois, je n'ai jamais pris le temps de le faire. Votre invitation me tente. Je profiterai de quelques semaines de repos cet été pour y penser sérieusement et je vous invite à me relancer si j'oubliais.

En attendant si vous ne connaissiez pas notre association, je vous invite à visiter son site et vous inscrire à la newsletter mensuelle et gratuite. L'association a pour but de promouvoir l'information et la formation sur l'enrichissement des pratiques par les TIC et la formation en ligne.

Je vous invite à créer un lien sur votre site. Merci d'avance
Je reste à votre disposition pour d'autres échanges.
Trés cordialement

Lisette Cazellet
Responsable formation et communication
----------------------------------------------------------------
Association FORMA TIC Santé
106, rue des amarantes
30000- NIMES
Tél : 04 66 51 83 32 ou 06 86 17 08 72
formaticsante@aol.com  www.formaticsante.com

Courriel du 25 juin 2007

Bonjour !

Comme convenu, je vais essayer de vous partager mes impressions après la lecture de votre livre : Il est passionnant (je l’ai lu en 2 jours) et témoigne bien d’un vécu personnel, de votre histoire, de votre cheminement dans la profession infirmière. C’est intéressant de voir les différents aspects de votre carrière et comment vous avez progressivement « débroussaillé » toutes ces inconnues qui vous ont poussé à faire ce métier. Ca fait réfléchir, on se pose des questions à son tour, c’est passionnant !!

J’aimerai mettre ma touche personnelle à votre excellent travail, en exprimant juste une conviction personnelle :

Vous exprimez le fait que vous aimez les autres, mais que la mort de ces chers « autres » reste difficile a supporter. Je connais personnellement quelqu’un de passionnant : Eh oui. Il a vécu simplement, aidé les autres, les malheureux, secouru le pauvre mais comme reconnaissance de son dévouement,  Il a été fouetté, battu, méprisé. Il a donné a manger aux foules affamées, il a guéri des malades condamnés. Il a donné toute sa vie pour servir les autres. Et pourtant, ces « autres » l’ont condamné a mort. Heureusement, Il est ressuscité 3 jours après et maintenant Il vit pour toujours dans ce qu’on appelle nous, les être humains «  le paradis » !!

C’est ce message que je voulais vous laisser : Jésus peut effacer ce qui a été gravé douloureusement dans votre cœur. Il vous comprend parfaitement. Il peut répondre à toutes vos questions. Il vous aime tellement qu’il est mort pour vous, pour moi, pour que nous soyons pardonnés de tout ce que notre conscience nous reproche sans cesse. Et le résultat de tout cela, c’est qu’il nous attend pour nous accueillir dans son palais, petit et grand, jeune et vieux, somaliens ou français, Il a préparé une grande fête à laquelle chacun est convié ; Il désire devenir votre ami, votre confident. Il désire porter avec vous votre fardeau, ce qui pèse, votre vécu. Pour cela, il suffit de croire. Il suffit de lever les yeux.

Voila, je tenais à vous partager le cadeau le plus précieux que j’ai jamais eu. J’espère que vous trouverez aussi cette paix si profonde et si belle.

P.

Courriel du 02 juillet 2007

Bonjour Philippe,

Je viens de terminer de lire ton livre. Il m'a beaucoup plu.

Je suis infirmière, "jeune" diplômée de l'année 2006. J'ai mis le jeune entre guillemet car je ne suis plus très jeune. J'ai 44 ans aujourd'hui et devenir infirmière était pour moi un rêve d'enfant - depuis ma toute petite enfance dans mon pays natal -. Oui, je ne suis pas née en France. Je vais compter 20 ans de vie dans ce pays qui m'a accueilli et que j'aime. Je suis née au Brésil où j'ai fais mes études universitaires de professeur d'éducation physique.

Mes années d'études en France dans un IFSI de la Savoie ont été extrêmement dures. Les cas concrets cités dans ton livre sont des vérités vécues par plusieurs élèves dans les instituts. Je pourrais passer des heures à détailler ses 3 ans et 3 mois d'études pour réussir un projet de vie que je m’étais fixée. Il y a eu beaucoup des moments difficiles, de révolte, de maltraitance morale et psychologique de la part des formateurs, des encadreurs dans les stages etc. Heureusement, que les moments de bonheur et ma ligne directive ont été plus forts. Ils ont réussi à couvrir les autres et à me faire avancer dans mes objectifs.

Mon projet professionnel consistait à travailler avec les personnes âges. J'avais ce but depuis le début de mes études, et je m’y suis tenu jusqu'à présent. Je travaille dans une EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) rattachée à un CHU. Cela veut dire, que cet établissement dépend dans tous les domaines de ce centre hospitalier. Mais, il se trouve à une quinzaine de kilomètres de distance de celui-ci. Nous hébergeons plus ou moins 80 personnes âgées porteuses de poly pathologies tant physiques que psychiques. Elles sont pour la plupart dépendantes ou semi dépendantes (GIR entre 2 et 5).

Mon plus grand souci, depuis le début de la prise de ce poste, au moi de janvier, c'est le manque d'effectif. Comment pouvoir faire un travail cohérent, correct, satisfaisant etc., si vous n'avez pas LE TEMPS nécessaire ? Je suis la seule infirmière le matin avec une équipe d'aides soignantes de 4 (quand nous avons de la chance) ! Et l'après-midi, il n’y a qu’une seule IDE avec 2 aides soignantes pour tous les résidents.
J'adhère complètement au principe que nous les infirmiers, devons prioriser notre rôle propre et ce d'autant plus dans un établissement comme celui-la ! Le relationnel et l’humanisme doivent y être en premier plan, selon moi ! Malheureusement, dans le contexte actuel, je ne peux que réaliser celui en collaboration. Même si j'incorpore pas mal de mon rôle propre au moment des soins "médicaux" en vitesse. Cela me désole à point... et me rend un peu frustrée.
J'aimerai pouvoir observer, prévenir, aider moralement, accompagner, organiser des moments privilégiés avec les patients dans un but thérapeutique. Mais, comment faire tout cela si vous courrez tout le temps d'une chambre à l'autre, d'un problème à l'autre.
Nous devrions être deux IDE le matin. Il m'a été dit avant mon embauche qu'un poste IDE devait être demandée. Mais, pour l'instant ... rien!
Sans parler du manque d’aides soignants !
Pour cet été, je ne pourrais pas prendre plus de 2 semaines de vacances consécutives car il n'y aura personne pour nous remplacer. Je ne trouve pas cela normal. Quoi faire ? Les syndicats ? Parler, crier?

Malgré tous ces problèmes, je reconnais que je fais vraiment de mon mieux pour exercer cette profession que j'ai mûrement choisie. Je recherche toujours la validation de mes patients après mes soins prodigués et quand j'obtiens un sourire, un merci entre autres, je suis remplie pour toute une vie.

Merci de prendre le temps de lire ces quelques lignes. Je voudrais aussi m'excuser pour le nombre de fautes de français que tu vas trouver.

Je m'appelle Marcia … et j'habite pas loin de …

Bonne journée et à une prochaine.


Courriel du 08 juillet 2007

Monsieur, 
 
Je tiens dans un premier temps à vous remercier pour votre réponse à mon dernier mail qui date déjà du 15 mars 2007 (dans lequel je vous demandais votre avis sur mon sujet de TFE qui est: En quoi une expérience à l'étranger influence l'infirmier(ère) et sa pratique de retour en France?).
Je m'excuse de ne pas avoir donné suite rapidement à ce premier contact, mais je tenais à avoir fini de lire votre livre. Et puis je suis ensuite partie en Inde pour un stage de santé publique d'un mois (en mai).
 
Tout d'abord je tenais à vous dire que votre livre est passionnant et qu'il remet en tête ce pourquoi nous choisissons de faire ce métier. Et nous avons tendance à l'oublier, dans un trop grand stress, même lorsque l'on est étudiante.
Comme je le pensais déjà avant de le lire, il m'apporte beaucoup pour copnstruire le cadre de mon sujet de TFE. D'autre part, il fut très intéressant de le lire avant mon départ en Inde.
 
Si je me permets de vous contacter à nouveau, c'est aussi parce que j'arrive "petit à petit" à la phase pratique de mon travail, où il nous est demandé de questionner des professionnels de santé sur notre sujet.
J'avais pensé, si vous me donniez votre accord, vous compter parmi ces professionnels. Dans ce cas je vous transmettrais mon questionnaire par le biais d'internet.
 
Je dois encore prendre rendez vous avec mon guidant qui doit valider ce questionnaire.
Dans cette attente et celle de votre accord, je vous remercie de prendre ma demande en considération et vous prie d'agréer, Monsieur, mes sincères salutations.
 
Chloë

Courriel du 06 août 2007

Bonjour, Je suis un étudiant infirmier de GUERET en CREUSE en fin de première année. Je viens de terminer votre livre qui est vraiment, pour ma part, excellent. Votre histoire personnelle est vraiment passionnante, et rien quand lisant ce livre, j'ai appri beaucoup sur le comportement des gens et sur le "système infirmier ". Votre livre m'a presque fait pleurer tellement l'émotion était forte. Par hasard, si vous aviez d'autres références de livres présentant les expériences professionnelles d'infirmiers, cela m'intéresserait. Merci d'avance et bonne continuation. Florent.

Courriel du 09 août 2007

Bonjour Philippe,

Je viens de terminer ton livre "Etre infirmier aujourd'hui" et j'avais envie de te remercier de l'avoir écrit. Penses-tu écrire un deuxieme livre sur ton expérience de cadre de proximité et de cadre sup ? Cela pourrait être également très interressant.

Voilà , je t'explique , je m'appelle Marcelle. Je suis infirmière , diplomée depuis 97, et je fais actuellement fonction  de cadre a l'IFSI du Havre et j'ai eu ( j'ai encore un peu ) beaucoup de mal a faire le deuil des soins. C'est pour cela que d'avoir lu ton livre, ça m'a fait énormément de bien. J'avais l'impression de dialoguer avec quelqu'un qui avait ressenti ce que je ressens.

Je démarre la prépa en septembre pour passer le concours de l'IFCS et c'est pour cette raison que pendant mes vacances d'été , j'ai choisi plusieurs livres dont le tiens .

Encore merçi pour ces moments de réflexion que tu as pu m'apporter.

Marcelle

Courriel du 02 octobre 2007

Bonjour Mr GAURIER,

Je m'appelle Barbara THEVENET, j'ai 22 ans et suis étudiante infirmière à la Croix Rouge de Paris, en début de 3ème année. Je prépare actuellement mon Travail de Fin d' Etudes que j'ai choisi d'orienter sur le thème de l'infirmière en humanitaire. Ma question de départ se formule ainsi : "En quoi une infirmière de retour de mission humanitaire peut-elle rencontrer des difficultés lors de sa réintégration dans le système de soin français ?". C'est en recherchant des ouvrages et articles susceptibles de m'éclairer que j'ai découvert votre livre "Etre infirmier aujourd'hui". A dire vrai, c'est surtout le sous-titre qui m'a interpellée : "D'une ONG au monde hospitalier, un parcours sans frontières". J'ai donc lu votre livre. Dès les premières lignes, je me suis identifiée à votre parcours. J'ai moi aussi commencé mes études supérieures par deux années de médecine qui se sont soldées par un échec qui fut très dur à surmonter pour moi. Depuis toujours, je voulais devenir médecin dans l'humanitaire, ça avait toujours été une évidence pour moi. Depuis l'échec au concours, je ne savais vraiment pas dans quelle branche me réorienter. C'est lorsque j'ai appris que la Croix Rouge formait des infirmières que je me suis dis : "Pourquoi pas?". Je ne connaissais pas du tout le métier infirmier, mais je savais que la Croix Rouge offrait à ses étudiants la possibilité de partir en mission en fin de 2ème année si leurs résultats le leur permettaient. Je dois avouer que j'ai un peu marché au bâton et à la carotte au début. Mais dès mon premier stage en hôpital, j'ai su que ce métier était pour moi. Aujourd'hui, me voilà en 3ème année et suis plus épanouie que jamais dans ce que je fais. Je suis partie en juillet dernier en Inde du sud avec une association qui se nomme KRUPA, qui s'occupe, entre autres, de lépreux. Ce fut une merveilleuse expérience. J'y ai vu et vécu des choses parfois difficiles, et une question ne cesse de revenir dans mon esprit : "Comment fait-on pour ne pas faire de comparaison lorsque l'on revient dans un service de soins français?". J'ai cette peur permanente de devenir une mauvaise infirmière en France, de ne pas savoir me réintégrer au système de soin français à mon retour de mission. J'en ai donc fait mon sujet de TFE. Ma guidante de mémoire m'a dit que c'était un très bon sujet, mais un sujet plutôt de thèse que de TFE. Elle m'a proposé de rencontrer 3 à 4 professionnels pour faire une pré enquête, et déterminer s'il est préférable d'affiner le sujet ou si je peux l'aborder dans sa globalité. J'ai donc pensé à vous, Monsieur GAURIER. Il me semble que vous êtes la personne idéale pour m'aider dans ma démarche. Non pas que je sois en train de vous encenser pour obtenir gain de cause, j'ai réellement été touchée par votre livre. Vous avez fait preuve d'une telle sincérité dans vos mots...Plus qu'un récit, j'ai eu la sensation que votre livre a été une sorte de confession pour vous, vous vous êtes mis à nu pour vos lecteurs, et j'ai vraiment été impressionnée par votre courage. Notamment lorsque vous parlez de cette Somalienne que vous avez "giflée", ou encore des rations alimentaires que vous avez mangées... J'ai lu vos lignes avec tant d'attention, que j'ai vu cette maman Somalienne, et j'ai ressenti la faim qui vous a amené à ouvrir ces boîtes. Merci pour ce livre. Il m'a beaucoup apporté. Peut-être seriez-vous d'accord pour m'aider en me faisant profiter de vos expériences sur le terrain ? Mon grand plaisir serait de vous rencontrer, mais vous devez sûrement être très occupé. Peut-être ne suis-je pas la première étudiante à faire appel à vous ! C'est pour cela que je vous ai joint les questions que j'aimerais vous poser. Ce sont des questions ouvertes, dont le but est de récolter un maximum d'informations. Ce n'est pas un outil d'enquête spécifique, mais plutôt une pré enquête qui me permettra d'être plus précise dans mes recherches. Dans le cas où vous accepteriez d'y répondre, n'hésitez pas à me retourner le questionnaire à mon adresse mail… Merci d'avoir pris la peine de lire mon mail. En espérant qu'il vous aura convaincu, je vous prie d'accepter mes sentiments les plus sincères.

Barbara

Courriel du 12 octobre 2007

Bonsoir Philippe, Cet après midi, en cherchant un livre au C.D.I. de l'I.F.S.I., je suis tombée sur "Etre infirmier aujourd'hui" que du coup, j'ai empreinté... et que je viens de finir ! Oups! (Bon, je sais : ce n’est pas sérieux, je devrais plutôt travailler mes cours et mon TFE, mais bon, je n’ai pas réussi à le refermer, lol) Je trouve que c'est super bien raconté et très émouvant (J'avoue : j'ai pleuré lors du passage de la petite fille avec l'épingle dans le doigts et du bébé qui décède et qu'il faut vite mettre dans le "linge blanc plié en 4" pour céder la place à un autre... Cela me confirme que je ne pourrais pas travailler en pédiatrie… émotionnellement, c'est trop dur à gérer. Pour…

Deolinda

Courriel du 10 novembre 2007

Cher monsieur,

J'ai eu l'occasion de lire votre livre, c'est un témoignage honnete et plein de vérité. Je ne fais pas partie de la profession mais j'ai eu au cours de ces derniers mois l'expérience des hopitaux et de voir par conséquent le travail de ces infirmiers et infirmières au quotidien face à un manque cruel de moyens. Malgré cela leur foi dans leur métier était flagrante. Leur écoute, leur soin ont été pour moi un réconfort surtout quand on voit son enfant souffrir. C'est pour moi aujourd'hui l'occasion de remercier tous les professionnels de santé qui face à la maladie des autres sont toujours positifs,quel recul face à la souffrance faut-il avoir? Je vous dis bravo. Quand à vous cher monsieur votre écriture est un chef d'oeuvre de vécu .

 

L. 

Courriel du 05 décembre 2007

Bonjour,

Je suis une infirmière jeune diplômée de 22 ans qui n'a que le PERMIS d'éxercer avec mes petites armes et encore tant à apprendre!! Je suis bouleversée par vos écrits. Ils sont... vos mots me touchent énormément, l'humain sensible que je lis me bouleverse et puis l'oeil critique du professionnel de santé surgit au fil des paragraffes. Vos écrits sont très instructifs et même jeune dans la profession, induisent de nouvelles pistes de réflexion sur notre métier... L'infirmière fantasmée que je pensais devenir au début de mes études se retrouve. Je rêvais de faire de l'humanitaire, je jurais que diplôme en poche je m'envolerai vers des peuples laissés pour compte. J'avais des tas de certitudes, des tas de raisons de le faire mais sans me considérer comme un sauveur de ces gens je me suis rendue compte que je serai loin d'être dans le soin. J'ai pour le moment abandonné l'idée parce que j'ai dû apprendre à composer avec mes émotions à l'hôpital en France et que je crains de m'effondrer là bas au lieu de servir toutes ces belles idées que je nourrissais avant. En vous lisant, j'en apprends déja un peu plus sur ce qui me manque actuellement pour réaliser ce projet et pourtant cela me donne l'espoir que ce projet n'est pas écarté définitivement mais resurgira lorsque je serai plus mûre professionnellement. En tout cas, je voulais vous dire merci parce que votre espace est agréable, il ne cache pas la souffrance et certains aspects douloureux de notre profession, mais c'est aussi un espace où je peux lire des collègues plein d'humanité et d'espoir. C'est rassurant. Alors Merci.

Une jeune infirmière.

Courriel du 06 décembre 2007

Bonsoir, Votre réponse m'a beaucoup fait sourire… Elle me rappelle mes longues heures de remises en question lors de ma réflexion TFE.

C'est bien cela Marie-Diane, prénom pas commun qu'on enregistre difficilement en général. Pour répondre à vos questions, je dois commencer par vous dire que j'ai passé les 10 premières années de ma vie en Afrique, aux Comores plus précisément. Etant en coopération, j'ai joui d'un cadre de vie merveilleux car sauvage, simple. Mes parents ont toujours veillé à ce que nous respections les coutumes de nos hôtes. Nous vivions bien très bien même et j'avais la chance de partager les coutumes, les fêtes, le quotidien des comoriens. Etant en pays musulman, par exemple, nous avons toujours veillé à comprendre et à ne pas froisser nos voisins au quotidien. Bref quelle ouverture d'esprit j'ai gagnée grâce à cette enfance pourtant très protégée. Depuis notre retour en France, cette Afrique vit en moi et comme je dis souvent une fois que tu as mis un pied là-bas tu es obligé d'y retourner, ça t'appelle.

 
Depuis, j'ai eu le temps de mûrir et cette Afrique je l'ai vue en souffrance. J'ai pris conscience de ma chance de n'y avoir vu et pris que le positif. J'ai mûri le projet de l'humanitaire au fil des années... Pas par narcissisme mais parce que je me sens en partie Africaine ainsi que toutes les idées louables que tout infirmier peut avoir en lui.

Les études à l'IFSI sont un bouleversement intérieur personnel que chacun vit à sa façon. Moi j'ai appris à me connaître et je me suis découverte encore plus sensible à l'humain que je ne le croyais. Je me suis demandée quelles étaient les véritables raisons de ce projet d'humanitaires. J'ai découvert que même si la plupart de mes convictions étaient louables, d'autres ressemblaient à une quête personnelle. S'il y a bien une chose qui me tient à cœur, c'est mon métier et je souhaite l'exercer ou que ce soit dans le souhait du don à l'autre. Je me sens encore trop fragile, j'aimerais lorsque je franchirai le pas être sûre de ne pas trahir le but premier de ce projet. Je ne suis pas naïve, je sais qu'il m'attend là-bas des moments de souffrance, mais c'est inévitable. Bien réfléchi, avec des objectifs stables et concrets j'en serai capable.

Je ne m'exprime pas très bien, j'ai du mal à trouver les mots justes pour expliquer mon désir de ne pas perdre de vue pourquoi et quel sera mon rôle là-bas. Finalement, j'ai peur de ne pas partir pour les bonnes raisons et ainsi regretter plus tard de ne pas avoir su garder à l'esprit que je suis là pour les informer, les soigner, les accompagner, les autonomiser etc… 

En résumé c'est tout cela qui me fait penser qu'il me manque encore des choses à apprendre avant de partir prétendre aider ces gens. A ce jour, je suis IDE de jour en Chirurgie Digestive dans un CHU. J'ai pris ce poste depuis peu, alors pour l'instant je me débrouille comme on dit, je prends mes repères. En plus d'apprendre des choses,  d'être IDE au contact de mes patients qui malgré eux sont spectateurs de mes débuts et sont parfois déroutés en face d'une débutante de 22ans, et de gérer le stress d'un service avec ses exigences de rentabilité, d'administratif, je développe des compétences qui ne peuvent que me servir.

 
J'ai acheté votre livre aujourd'hui et je me suis déjà perdue dans vos lignes avec délices. Je suis une littéraire dans l'âme, je dévore des tas de livres et j'avoue que cela faisait longtemps que je n'avais réuni mon métier, un de mes rêves et la littérature. J'ai terminé il y a quelques temps un livre de Patricia Benner "De novice à expert". Toutes ces réflexions autour de ce métier finissent par vous donner le tournis et pourtant c'est passionnant! Jamais je n'aurai pensé au début de mes études que ce métier pouvait susciter autant de questionnements sur l'humain, le comportement, l'exercice. J'ai la chance…de faire un métier que j'aime, c'est très enrichissant.

Bon à côté de tout ça, vous avez dû vous rendre de compte que je suis également très bavarde!! Je vous remercie de votre écoute (de votre lecture).

Bonne soirée.

Marie-Diane.

Courriel du 19 décembre 2007

Bonjour Philippe, C'est étonnant les rencontres... J'ai acheté ton livre hier et j'ai commencé à lire. Pour l'instant, je suis en Somalie... Jusqu'à présent, j'étais toujours réticente avec les livres sur la profession par la profession. J'en ai lu certains, pas tous bien sur et ça m'agace cette façon de voir le métier ou du moins de le faire voir au grand public. Jusqu'à présent, ce que j'ai lu de mieux sur la profession (à part MF Collière et R. Poletti) était écrit par d'autres, des extérieurs avec donc de la distance. Et la distanciation est la base de la sociologie... bien que distanciation et proximité ne soient pas incompatibles. Donc, j'ai arrêté d'en lire. Et comité de rédaction du 10 novembre et comme je suis curieuse, je suis allée voir et ton parcours et l'histoire de ce livre m'ont donné envie de le lire ce bouquin !!! Mais, il a fallu que ça mûrisse puis je suis passée à Infirmiers.com et j'ai fini par sortir ma carte bleue !!! Alors, bien que je n'en sois qu'au début, deux remarques : je ne veux plus écrire et j'ai envie d'écrire !!! Paradoxal mais bon. Toujours est-il, bien que je n'ai absolument pas le même parcours professionnel que toi (mais un paquet de similitudes...), que je me suis sentie, enfin, en "communauté d'âme". Cela fait très lyrique et mystique mais cela ne l'est absolument pas. J'ai enfin eu l'impression qu'un infirmier, cadre ou pas, était capable de retranscrire sa passion, son amour des autres sans pour autant se poser en héros sauveur de la société. Et de mettre le doigt là où cela fait mal... Mes supérieurs m'ont souvent dit que j'étais atypique, que je détonais dans le paysage infirmier. J'ai toujours pris cela pour un compliment mais je sais que souvent c'était plutôt une mise en garde ! Et comme je l'ai souvent dit, je n'ai pas la vocation, je suis une passionnée. je ne suis pas une révolutionnaire, je suis une révoltée. Et bien, je suis ravie de voir que je ne suis pas la seule (je m'en doutais bien mais...). Enfin, la vocation, c'est extrêmement personnel, c'est comme le bonheur ou la douleur. A bientôt donc. Sylvie Lopez-Robillard

Courriel du 21 décembre 2007 (Suite)

Bonjour, Bon, je suis maintenant à " je suis un formateur, je ne suis pas une monitrice". Mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller lire les annexes et l'histoire du t-shirt m'aurait beaucoup fait rire si ce n'était pas aussi dramatique et je sais que malheureusement, tu es peut-être même en dessous de la réalité, écriture oblige... Et aujourd'hui, j'ai récupéré des copies à corriger !!! Si mes impressions au coup par coup te cassent les pieds, n'hésite pas à me le dire, je ne le prendrai pas mal. En tout cas et ne le prends pas mal !!! et de toute façon c'est toi qui a fait de la psychologie... moi c'est l'anthropo et la socio... et bien que je n'ai pas encore fini ton livre ce qui ne saurait tarder, j'espère que les effets thérapeutiques se sont faits sentir... et je me permets trés amicalement de te dire qu'il faut te pardonner (la gifle par exemple), c'est plus facile ensuite pour pardonner aux autres. Et un autre truc et non des moindres, oui, il faut prévenir les futurs infirmiers des ko-debout qu'ils vont se prendre, de la mauvaise foi de certains collègues etc...La vraie question à mon sens est comment leur dire sans les faire fuir mais en leur donnant envie de relever le défi. Anecdote de lecture : l'épingle à nourrice. Je sentais venir le truc et j'ai fermé (j'étais dans le métro) d'un coup sec le bouquin avant le moment fatidique, je l'ai fermé tellement fort que j'ai fait sursauter les gens autour de moi. J'ai rouvert le livre doucement comme pour éviter qu'une bestiole me saute à la gorge et j'ai fini de lire. Je me suis mise à pleurer (Imagine la tête des gens autour de moi que je venais de faire sursauter...). J'ai pleuré en pensant à ce petit bout qui souffrait, en imaginant ta détresse de soignant mais avant tout d'homme et j'ai essayé de visualiser et j'ai refermé brutalement le livre... Je racontais tout cela à mon époux qui m'a dit une fois de plus : "mais qu'est ce que tu attends...?" et donc 2008, j'ai dit, sera l'année de l'écriture. Et voilà, c'est dit. Mais j'ai besoin d'en parler aussi à quelqu'un du métier et est ce que tu pourrais être cet interlocuteur ? En attendant, très bonnes fêtes de fin d'année à toi et à tous les hommes de bonne volonté. Amicalement,

Sylvie Lopez-Robillard

Courriel du 13 janvier 2008

Bonsoir Monsieur,

 Je m'appelle Adeline, j'ai 20 ans et je suis étudiante infirmière en fin de 2ème année ; en fait 3ème année la semaine prochaine! ; à l'IFSI de Saint N... Je me permets de prendre contact avec vous par l'intermédiaire de votre livre "Etre infirmier aujourd'hui". Je l'ai acheté hier soir et je ne le quitte plus, moi qui, habituellement ne lisait jamais, là, votre livre a trouvé sa proie! Je voulais tout d'abord vous remercier pour ce que vous nous faites partager, c'est magique... Tout dans votre livre m'interesse ; l'humanitaire m'intéresse, la pédiatrie également et le projet d'être "formatrice" dans un futur un peu plus lointain... Toutes vos questions dans ce livre, toutes vos interrogations quant à "doit-on raconter ça aux étudiants en soins infirmiers" je vous réponds OUI OUI OUI OUI !!! C'est tout ce qui nous manque, tout ce qui motive, tout ce qui fait prendre conscience de la réalité du monde, tout ce qui nous aide à nous construire en tant que soignant... Par ailleurs, votre expérience en réanimation néonatale, j'aimerai tant en savoir plus.... Je pense faire mon travail de fin d'études sur la douleur en service de néonatalogie et plus particulièrement "dans quelle mesure l'experience et le coté maternel (ou paternel) des infirmiers interviennent dans la prise en charge de la douleur? Accepteriez-vous de répondre à quelques unes de mes questions pour m'aider à avancer sur mon projet ? Auriez-vous des références de bouquins qui pourraient également me faire avancer sur le sujet ? Pour un premier contact je ne vais pas vous écrire un roman non plus... J'aurai surement des tas de choses à vous dire encore bientot, je vais attaquer le chapitre 'en afghanistan' de votre livre.. En espérant réponse de votre part, bonne soirée. Et à bientot

****Adeline**** Etudiante infirmière en admiration devant un professionnel comme vous...

Courriel du 14 janvier 2008

Bonsoir!

Pouaahhhhh vous m'impressionnez vraiment, et vous m'apprenez tellement... Quelle joie j'ai eu de vous lire ce matin... Immense!!! J'avais envisagé que vous alliez répondre à mon mail mais si vite, c'est chouette!! Je m'étais dit "il doit en avoir tellement des étudiantes comme moi.." Et votre livre, j'ai passé une bonne partie de la nuit à le lire, le dévorer... et observer que j'arrive à sa fin ne me réjouit pas.... Vous n'en avez pas d'autres en projet? Le chapitre sur l'Afghanistan ne m'a pas plus secouée que celui sur la Somalie... La somalie m'a secouée, réellement... Les boulettes de viande m'ont interpellée et cette gifle aussi.. Ca m'apprend beaucoup sur l'homme et ses propres limites, je me pose déjà tellement de questions quant à cela... Le soignant est humain, et quel bonheur d'entendre ou plutôt de lire ce sur quoi je pense beaucoup, seule, et dont je n'ose parler de peur que l'on me dise "si tu penses cela, tu n'es pas faite pour ça..." J'ai envie d'humanitaire depuis des années. Avant mon entrée à l'IFSI, j'étais investie dans un projet humanitaire au Togo et partir au futur, en Afrique en mission humanitaire me trotte déja dans la tête depuis quelques années... Je sais que je partirai un jour du moins je l'espère... Je me suis toujours dit, "quand je partirai j'irai vivre avec ces habitants, au village", je me sens prête et en même temps pleine de doutes... La description que vous faites du "Mundoul" m'a beaucoup interrogée.. Je me demande maintenant "Suis-je capable de cela? De cette vie là ?" En même temps, je me dis que me poser de telles questions est surement une bonne chose, prenant compte de ce que je peux donner et de ce que je peux recevoir... Dans ce métier, on reçoit autant que l'on donne... La conjoncture politique actuelle (Arche de Zoé...) me fait me poser autant de questions sur tout ce qui peut se passer de l'autre coté de la Méditerrannée... Reflexions en cours, je vais surement avancer sur la connaissance de moi-même grâce à vous... Oh un truc qui me vient à l'esprit... Je me suis même dit, quand j'ai lu ce paragraphe dans votre livre "ouaaaah.... ça, faut que je lui dise" Il m'a coupée le souffle ce paragraphe... Vous vous demandez bien de quoi je peux parler!!! .................................................................................................................... ................................................................................................................................................. ................................................ SUSPENSE ................................................................................. Il m'a mis la larme à l'oeil celui ci.... C'est sur L'Afghanistan... un chant catholique dans une mosquée, j'ai trouvé ca magique, tellement beau..... comme quoi... les religions peuvent donner autre chose que des conflits!!! Je passe à autre chose... La mort et ce que l'on nous apporte à l'IFSI quant à cela... Néant, c'est peu, c'est minime, c'est rien, c'est petit, c'est bas....!!! En même temps je me demande si, sur ce sujet là, nous serions très soucieux, je pense que beaucoup se sentent encore intouchables!! Votre récit sur la toilette mortuaire en Néonat, c'est tellement vrai et applicable partout.. "Pourquoi de l'eau tiède ? ... Pourquoi autant de douceur ? Pourquoi penser à ne pas faire mal ? Pourquoi rester dans l'asepsie ? " et celle qui me surprend le plus et qui m'a surprise lorsque je me suis entendue... "Pourquoi parler à ce corps ?" Pouah, là ça me laisse sans voix!!!! Bon après tout cela, j'ai quand même envie d'aller dévorer les dernières pages qu'ils me restent avant de dormir sinon, je vais encore me lever cette nuit pour ça... et demain, ce sont les formateurs qui vont se demander ce qui m'arrive... Je voulais aussi vous remercier d'accepter de répondre à quelques éventuelles questions qui me viendront pour la réalisation de mon mémoire... La, je vais soumettre mon sujet aux formateurs la semaine prochaine et, après validation de leur part (et j'espère de tout coeur que mon thème soit validé!!!) le travail va commencer... Pour l'instant, je ne souhaite pas trop m'éparpiller (projet de prévention des accidents domestiques dans une PMI à la fin de la semaine...) mais, ne vous inquiétez pas, je saurai venir vous embêter.... Alors là, si vous m'avez lue jusqu'au bout.... hihihihihihi Au fait, juste une question, si elle n'est pas trop indiscrète, êtes vous toujours formateur aujourd'hui ? (Quelle chance ils ont ces étudiants en soins infirmiers...) Bonne soirée et à bientot. 

****Adeline****

Courriel du 25 septembre 2008

Bonjour,

 
J'ai dévoré votre livre littéralement. étant étudiante infirmière de 3ème année + (eh oui très phrochainement la fin !). j'ai trouvé ce livre véritablement passionnant, pourtant je l'avais acheté un peu par hazard, juste pour lire dans le train. En fait, je n'ai pas pu m'en détacher pendant 3 jours! Je l'ai d'ailleurs confié à une amie étudiante aussi.
Bref, j'ai trouvé votre partie sur la Somalie très touchante, émouvante et pleine de sens. En effet, je suis partie en stage de 2ème année à Mohélie , la plus petite île des Comores. Vierge de touriste, île magique, pauvre en matériels médicaux mais riche en humanité. Votre livre m'a rappelé beaucoup de choses, de sentiments. ( je pense tout de même que la Somalie était plus marquante encore que ma première expérience; je vous invite d'ailleurs à visiter mon petit blog http://ooooobjectif-comoressss.skyrock.com/). Lors de ma formation, j'ai pu assister au module optionnel "l'humanitaire en question", qui m'a réellement passionné. Mes premiers pas aux comores, ce module et votre livre ont vraiment conforté mon envie de faire de l'humanitaire, j'attends avec impatience d'être diplomée et de pouvoir partir.
J'ai vraiment envie de partir en humanitaire, pour ma première mission je pense qu'il serait mieu de commencer par un pays qui ne soit pas en conflit. Qu'en pensez-vous ?
Merci pour la magie de votre livre, votre humour et tout le reste.
Cordialement.

 
Camille , étudiante infirmière de Bois-guillaume, en vacances préparant son oral de TFE


Courriel du 29 mars 2009 

Bonjour Mr Gaurier ,

Je vais faire bref car je suis en pleine écriture de mon projet professionnel... Mais je voulais juste vous remercier pour le plaisir que j'ai eu à vous lire et relire certains passages. Vos propos ont fait plusieurs fois surgir mes larmes, pas que je sois une pleureuse ou dépressive mais parce qu'ils m'ont émue et aussi rassurée.
Oui, je reconnais dans mon parcours, votre bonheur à avoir travaillé dans certains services, votre fierté d'avoir pris ou de prendre soins de "l'autre" (patient ou professionnel) mais aussi la souffrance de travailler avec des confrères ou supérieur hiérarchique qui ne partagent pas les même valeurs que soi... et après 24 ans d'épanouissement professionnel auprès du patient, j'ai envie de passer du "prendre soin du patient" à "prendre soin d'une équipe"... Je sais pourquoi et je sais ce que j'ai envie de défendre...
Alors simplement merci encore de m'avoir témoigné que les valeurs humaines ont leur place dans le management. Je m'en doutais mais le lire, ça fait du bien !!!!
Cordialement.
MP